[Privé] Y'oreen Askahutt

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[Privé] Y'oreen Askahutt

Message par Y'oreen le Mer 26 Fév - 9:55

« Elle était à l’affût, tapie dans l’ombre du sous-bois. Sa proie ne l’avait pas vue, tellement elle se fondait dans les broussailles. Lentement, elle banda ses muscles, prête à bondir. Le goret releva la tête, inquiet, son instinct lui criant qu’un danger le guettait. La chasseuse sentit qu’il était temps de frapper. Son attaque fût fulgurante, elle jaillit du fourré et…. WOUARGH !!!!! ».

Y’oreen s’étala de tout son long, le pied retenu par une racine. Le goret fila en trottinant, couinant pour prévenir ses congénères… Ou pour se moquer de la jeune Miqo’te affalée dans la terre boueuse.

Elle se releva et épousseta le plus gros de la boue qu’elle avait sur elle. En soupirant elle regarda son pantalon arraché et l’écorchure qu’il révélait.

« Je vais encore me faire engueuler » soupira-t-elle.

La tête basse, les oreilles en berne, elle retourna vers son village en traînant des pieds.

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Elle était native du clan Askahutt, du nom du premier Nunh qui avait crée cette tribu. Depuis des générations, ils avaient gardé son prénom en l’honneur de son courage.

En effet, leur ancêtre n’était pas un Miquo’te ordinaire, car si sa mère en était une, son père lui, était un Hyurgoth.

Il s’étaient rencontrés au détour d’une guerre, un amour, qui, en temps normal aurait été improbable, était né entre ces deux êtres perdus, ne sachant pas s’ils verraient un autre soleil se lever, une autre lune s’illuminer.

Leurs tribus ne leur avait pas permis de rester ensemble. Et lorsque la jeune Miqo’te s’était rendu compte que son ventre s’arrondissait, elle avait été seule à affronter les regards courroucés de ses ainés.

Elle n’avait pas été bannie, mais elle devait quand même se tenir à l’écart des autres. Elle n’avait plus eu l’autorisation de porter le nom de sa tribu. Elle était devenue « l’autre ».

Lorsque son fils vint au monde, elle lui donna le prénom de son amour interdit : Askahutt.

Son métissage était plus que flagrant : Il était plus grand que les autres Miqo’te et sa musculature plus marquée, ses yeux étaient plus ronds et d’un bleu acier qui n’existait que chez les Hyurgoths. Sa crinière bien que drue était faite de cheveux plus fins. Ses oreilles et sa queue étaient plus petites que celle des ses congénères.

En grandissant, son caractère devint aussi plus proche des Hyurgoths : farouche et têtu, il vécut sa différence comme une force et non comme une tare.

Lorsque sa mère mourut, il décida qu’il était temps de partir. En effet, il savait que jamais il ne pourrait devenir Nunh en restant dans cette tribu qui ne l’acceptait pas.

Bien que beaucoup ne voyait en sa différence qu’une difformité, il réussit à intéresser cinq Miqo’te femelles qui acceptèrent de le suivre.

Cela provoqua un tollé dans la tribu, mais personne ne put les empêcher de partir. Les lois des Tribus du Soleil étaient immuables, et métis ou pas, Askahutt avait le droit de fonder son clan.

Le Clan Askahutt prospéra, loin des Miqo’te et encore plus des Hyurgoths. Ils se cachaient de tous. Les gènes Hyurgoth restaient ancrés dans chaque nouvelle génération.

Au fils des ans, les différentes tribus Miqo’te se rejoignirent et les Askahutt ne firent pas exception à la règle.

Mais même au bout de plusieurs générations, le métissage restait visible sur chacun d’eux : Pour l’un des yeux d’un beau bleu clair, pour une autre, une absence de queue, un autre n’avait que deux petites oreilles, ou encore une musculature hyper développée.

Rien qui ne soit préjudiciable à leur talent inné de chasseurs.

Jusqu’à l’arrivée de Y’oreen….

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Comme à chaque naissance, elle fût examinée sous toutes les coutures pour que l’on découvre « sa » différence.

A la stupeur générale, elle était parfaite : des oreilles bien dessinées, une queue normalement constituée, des yeux couleur ambre à l’iris fendue, ses minuscules mains étaient bien équipées de petite griffes légèrement rétractiles, elle avait une peau mate, bref elle était la première à ne pas avoir hérité du gène Askahutt.

Une fête fut célébrée en son honneur, car même si son clan revendiquait leur différence, cela nuisait quand même à leur intégration, et chacun souhaitait secrètement qu’un des leur, leur permettrait de créer un lien entre eux et les autres tribus.

Mais en grandissant Y’oreen commença à inquiéter sa famille. En effet, alors que les Miqo’te sont réputés pour leur agilité, leur grâce féline, ce nouveau petit bébé si parfait ne semblait pas si doué que cela en position debout.

Lorsqu’elle tomba pour la première fois, et que son petit nez se retrouva tout écorché, sa mère fronça des sourcils. Elle aurait dû avoir le réflexe de mettre les mains en avant ? Même tout petit, les bébés Miqo’te avaient déjà cette légèreté raciale qui les empêchaient de se faire mal, ils ne tombaient que rarement. Y’oreen, si.

Non seulement elle tombait, mais elle mit beaucoup plus de temps que ces camarades pour rester en position debout, et encore plus pour se mettre à courir.

Plus tard, enfant, sa « tare » se fit plus présente, et elle fit l’unanimité de la tribu : Y’oreen n’avait pas hérité de l’agilité caractéristique des Miqo’te, non seulement elle n’était pas agile, mais elle manquait aussi cruellement d’adresse.

Lors des cours de chasse, plus personne n’osait l’approcher. Si elle ne tombait pas lourdement sur l’un de ses congénères, elle les frôlait de ses flèches.

Elle qui devait être la fierté des Askahutt, devint le vilain petit canard. Elle avait une différence que personne n’avait encore vue !

Les Askahutt commencèrent à avoir peur qu’à cause d’elle, ils deviennent la risée des autres tribus.

Car autant les tares physiques pouvaient être acceptées, autant ne pas savoir chasser était une honte pour un Miqo’te.

Les autres races ne le voyaient pas, car Y’oreen restait plus agile et rapide qu’eux, mais chez les Miqo’te, elle était tout de suite repérée ne serait-ce que par sa façon un peu gauche de se déplacer.

Elle était devenue une magnifique adolescente et beaucoup se retournaient sur son passage, jusqu’à ce qu’ils la voient trébucher, ou se cogner. Les chuchotements admiratifs se changeaient alors en rires qu’à moitié étouffés.

Elle n’avait pas d’ami, les rares Miqo’te ayant voulus l’approcher s’étant fait rabrouer. Elle voulait rester seule. Toutes ses moqueries perpétuelles l’avaient rendue encore plus sauvage et farouche que son illustre ancêtre.

Sa seule réelle amie était sa petite sœur Y’nola. Malheureusement la petite était alitée depuis pratiquement sa naissance il y avait 7 ans à cause d’une obscure maladie qu’aucun soigneur ne semblait connaître.

Si elle n’avait guère connu que les 4 murs de sa petite chambre aux murs de boue, son intelligence dépassait de loin celle de ses frères et sœurs et il n’était pas rare de voir un membre de la tribu assis sur son lit, la regardant respectueusement en buvant les paroles qu’elle lui chuchotait de sa petite voix douce.

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La nuit était déjà tombée depuis quelques heures, mais la mère de Y’oreen pleurait toujours dans un coin de leur chaumière.

Le chef de la Tribu et père de la jeune miqo’te était parti en claquant la porte, la mâchoire serrée, une fois de plus déçu devant le comportement de cette enfant qu’il n’avait jamais comprise, et même jamais complètement acceptée.

Quant à Y’oreen elle s’était blottie contre la grande cheminée, les yeux emplis de rage et la joue portant encore les marques de la gifle monumentale qu’elle avait reçue.

Quand elle avait raté sa proie et arraché une partie de son pantalon, elle n’avait pas voulu rentrer une fois de plus les mains vides ; Elle avait eu alors l’idée, qui lui avait semblée excellente sur le coup, de profiter de ce énième échec pour annoncer à sa tribu ce qu’elle avait tant bien que mal réussit à cacher depuis son enfance : son végétarisme.

Pour ce faire, quoi de plus simple que de ramener, au grand jour, ce qu’elle mangeait normalement en cachette : les baies de la forêt.

Fière de son idée, elle était donc revenue de la chasse, et, comme les autres jeunes de son âge, elle avait déposé son « butin » devant le chef de clan actuel : son père.

Lorsqu’il avait vu le contenu du petit bol devant lui, son regard si clair avait pris une méchante couleur bleue nuit…. Les autres membres de la tribu s’étaient tous tus, et lorsque son immense main griffue vint douloureusement s’écraser sur la joue de Y’oreen, le bruit qu’elle fit fut amplifié par le silence environnant.

La tête de la jeune fille était partie violement sur le côté, elle avait titubée, puis était lourdement tombée à terre.

« Ramasse… ça… et rentre chez toi » gronda l’homme derrière elle avant de s’éloigner.

Elle avait repris son petit bol, la tête basse, et était rentrée chez elle, lentement. Elle avait entendu tous leurs petits chuchotements, vu les regards éberlués, moqueurs ou même dédaigneux et elle avait compris à ce moment précis que jamais elle ne pourrait se faire comprendre d’eux.

Bien qu’elle ne le montra pas, elle en eu le cœur brisé. Se savoir différente n’est pas pareil que se savoir exclue.

Son père était venu plus tard dans la soirée, et ces hurlements avaient fait tout aussi mal à Y’oreen que sa gifle.

Il ne voulait plus la voir, plus l’entendre, il ordonna à sa femme de faire en sorte que Y’oreen ne le déshonore pas plus.

La maisonnette avait tremblée lorsqu’il était parti en claquant la porte. Et depuis personne n’avait osé parler dans la maison.

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Si Y’oreen était gauche dans ses gestes, son ouïe, elle, était excellente, et elle seule entendit sa petite sœur l’appeler doucement de sa chambre.

Lentement, elle se leva et alla la rejoindre.

L’enfant au visage blême lui fit signe de s’asseoir à côté d’elle, ce qui fit Y’oreen… Ou plutôt ce qu’elle tenta de faire…. En effet, elle se laissa tomber trop lourdement sur un lit trop vieux, ce qui eut pour résultat de la faire glisser et de s’étaler parterre, cul par-dessus tête.

« Aïe » soupira-t-elle, plus par habitude que parce qu’elle s’était vraiment fait mal.

Y’nola étouffa un rire. Elle avait beau être habituée à la maladresse de sa sœur, elle arrivait quand même à être surprise par tant de malchance.

Contrairement aux rires des autres, celui de sa sœur faisait du bien à Y’oreen, car temps qu’elle l’entendrait, c’est que sa sœur était avec elle, vivante.

Elle la regarda, d’un air faussement courroucé et retenta sa chance sur le lit, sur lequel elle se posa précautionneusement cette fois.

« Que veux-tu ptite morveuse » chuchota-t-elle avec amour.

« J’ai entendu le Père s’en prendre encore à toi. Qu’est-ce qui t’as pris de leur dire notre petit secret vilaine chose ? Es-tu devenue folle ? Tu aurais dû venir me voir avant de lui donner les baies ! »

Y’oreen baissa les oreilles.

« Je sais… mais comprends que j’en ai marre moi de devoir me cacher pour manger, de mâchouiller de la viande et de devoir la recracher en cachette à chaque repas ! Et puis j’en ai marre aussi de me faire mettre en boîte parce que je en suis pas fichue de chasser ! J’essaie !! Mais…. – Elle fit une moue boudeuse -Mes flèches ne vont jamais où je veux…. »

Y’nola la couva d’un regard plein d’amour et de compassion. Elle décida qu’il était temps de lui parler de ses rêves.

« Y’oreen ? T’arrive-t-il de penser aux autres races de ce monde ? »

Sa sœur aînée fronça des sourcils : « Bah déjà que j’ai du mal à me faire accepter par mon clan alors les autres…. Je m’en moque hein »

« Et bien tu ne devrais pas. Après tout, nous ne sommes pas des Miqo’tes de pure race hein, on nous le rabâche suffisamment pour qu’on ne l’oublie pas ! Alors qui te dis, qu’ailleurs, loin de chez nous, il n’existe pas un autre clan…. Au sang mêlé comme nous ? Et qui te dis que ce clan ne serait pas…. Hum… moins intransigeant à ton égard ? »

Y’oreen tourna lentement la tête vers sa jeune sœur, ses magnifiques yeux d’ambre se plantèrent dans le regard fatigué de sa jeune sœur.

« Tu veux dire quoi là ? Tu veux que je parte ??? »

Le cœur de la petite Y’nola se contracta de tristesse mais elle ne laissa rien paraître, au contraire, elle afficha un joli sourire dévoilant des petites quenottes blanches.

« Et pourquoi pas ! Après tout qu’est ce qui te retient ici hein ? Mère ? Père ? Moi ? Le Clan ? »

« Toi ma princesse » chuchota doucement sa sœur en lui caressant tendrement la joue.

Elle ferma les yeux, émue par la chaleur et l’amour que dégageait sa grande sœur. Elle repensa aux rêves qui emplissaient ses nuits depuis plusieurs semaines :

Des cris, du feu, des ombres fuyant devant quelque chose qu’elle ne pouvait pas voir.

Puis des guerriers en armure sur d’énormes montures cuirassées. Et parmi eux, sa sœur…. Elle ne la voyait pas clairement, mais elle reconnaissait son allure, son air un peu gauche et elle voyait ses yeux d’ambre lançant des éclairs, pleins de combativité.

Soudain une femme surgit aux côtés de Y ‘oreen, mais, bizarrement, celle-ci ne semblait pas la voir. Y’nola se rendit compte que la femme était translucide, et compris qu’elle avait affaire à une apparition.

L’entité diaphane se tourna vers elle, et lui sourit tendrement, puis mis un doigt sur ses lèvres ourlées.

Elle se réveillait toujours à ce moment-là.

Depuis quelques jours, ses rêves avaient changés :

Des gens pleuraient autour d’une petite tombe fraîchement recouverte, elle reconnaissait le Chef du Clan, qui semblait impassible mais dont les immenses mains tremblaient de peine, sa mère, soutenus par ses deux frères, pleurait en hurlant sa douleur et, à l’écart, sa grande sœur Y’oreen, les yeux remplis de larmes et de colère, seule. Seule… pas tant que ça…. L’entité refit son apparition derrière la jeune Miqo’te, tenant devant son visage un superbe éventail doré. Elle le baissa lentement, fixant la rêveuse de son beau regard et remis une fois de plus son doigt sur ses lèvres.

Y’nola savait confusément que cette tombe était la sienne mais surtout, elle comprit que sa mort était proche.

Lorsqu’elle avait ouvert les yeux au petit matin, elle n’avait pas pleuré. Elle n’avait pas le temps pour ça. Elle devait préparer sa sœur à sa destinée, et ce, sans lui dire ; Le signe de la Déesse avait été clair : Y’oreen ne devait rien savoir sur ce que qui l’attendait. Y’nola ne devait pas lui révéler ce qu’elle avait vu, son rôle était de faire en sorte qu’elle parte du Clan.

Doucement elle rouvrit les yeux et couva sa sœur du regard.

« Je ne suis pas éternelle hein, et, oui, je veux que tu partes loin d’ici, que tu découvres les autres « Askahutt », les autres descendant du père de notre ancêtre. »

Y’oreen la regarda, estomaquée :

« Mais...Je ne veux pas partir moi ! Je ferai comment toute seule dans le monde alors que je ne suis pas fichue de me repérer dans notre Forêt ! Et puis il y a toi ! Jamais je ne te quitterai voyons ! »

L’enfant au corps frêle se souleva un peu et lança, d’un air faussement décontracté :

« Ok, tu veux rester avec moi ? Moi, ça me va ! Mais on va passer un accord toi et moi : Quand je partirai rejoindre nos ancêtres, tu partiras le jour même à la recherche d’un second Clan Askahutt. Ça te va ? De toutes façon, vue ce que disent nos médecins, tu vas m’avoir sur le dos encore un moment ». Elle partit d’un grand éclat de rire qu’elle souhaita le plus réel possible.

Malgré l’amour qu’elle lui portait, sa grande sœur ne sentit pas la tristesse se cacher derrière ses paroles.

Elle leva une main gracile aux ongles légèrement recourbés :

« Ok ptite morveuse, je partirai quand tu partiras, pas avant ! Allez, top là la mioche ! »

Elle devait se souvenir longtemps de ces dernières paroles….

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Lorsqu’elle se réveilla le lendemain main, se fut en entendant les cris d’alerte de sa mère. Quand elle les comprit elle se rua dans la chambre de sa petite sœur en hurlant.

Y’nola semblait dormir, la tête doucement posé sur son oreiller, ses frêles mains posées sur sa poitrine. Elle était paisible….. Le soleil illuminait sa chambre. On aurait dit un ange.

Et le petit ange venait de s’envoler….

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Y’oreen regardait son Clan du haut d’un monticule.

L’enterrement d’Y’nola avait eu lieu le jour d’avant. Elle n’avait pas pleuré, pas versé une larme, son regard s’était embué mais rien n’avait coulé; elle n’avait pas entendu ce qui s’était dit, trop prise par sa douleur.

Elle s’était souvenue des paroles de sa sœur, juste avant sa mort, le claquement de leurs mains, pour sceller leur accord, résonnant douloureusement dans sa poitrine.

Elle n’en n’avait parlé à personne. De toute façon, personne n’était venue la voir, ni sa mère, ni ses frères et encore moins son père.

Ce matin, elle s’était préparée, comme les autres, pour la chasse. Sauf qu’elle savait qu’elle ne reviendrait pas le soir. Elle avait caché quelques affaires au fond de son sac, pris un peu de fromage et du pain. Puis elle avait dit au revoir à sa mère comme elle le faisait tous les jours. Elle aurait aimé la serrer dans ses bras, mais ne pouvait pas risquer de lui faire comprendre ses desseins. A cause de sa tare elle savait qu’elle n’aurait jamais eu l’autorisation de partir du Clan, Ils l’auraient cloitrée plutôt que risquer de la voir partir déshonorer leur clan auprès des « autres ».

Du haut du monticule, elle vit sa petite chaumière, la fixant sans ciller à s’en brûler les yeux, afin de la graver dans sa mémoire.

Elle ne pourrait jamais revenir, jamais elle ne reverrait sa famille, ni son Clan.

Son cœur se tordit douloureusement dans sa poitrine.

Elle fit mentalement ses adieux aux siens, puis se retourna et commença à marcher, sans se retourner.

Elle avait une promesse à tenir….

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Ô toi Lecteur, laissons partir cette jeune Miqo’te et élançons-nous dans les airs, voguons aux travers des nuages cotonneux et posons-nous, là, dans ces bois verdoyants. Approchons nous de cette pierre moussue au bord de la rivière sur laquelle nombre de voyageurs se sont assis, songeurs.

Regardons la de plus près, approche toi, n’ai pas peur. Vois-tu ses marques ? Cette écriture qu’aucun Miqo’te n’auraient su déchiffrer ?

Qu’est-il écrit ?

« Ci-gît Ashabann Hunter, surnommé Askahutt, mort avant d’avoir eu le temps d’être père »….


Dernière édition par Y'oreen le Sam 1 Mar - 15:39, édité 1 fois
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Y'oreen Askahutt

Message par Y'oreen le Ven 28 Fév - 19:16

Elle se réveilla en sursaut, en sueur et le cœur battant à tout rompre. Ce cauchemar…. Encore…. Paco, son chocobo contre lequel elle était blottie la regarda, inquiet de la sentir trembler de tous ses membres.

Elle se leva péniblement et alla vers la cascade qui servait de paravent à la petite grotte où elle trouvait refuge depuis son combat contre Titan.

L’eau lui fit du bien, elle y resta un moment, la tête baissée, laissant la puissance de l’élément lui masser les épaules, se remémorant ce jour maudit……

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Ella avait présumé de ses forces, tout simplement. Il n’y avait pas d’autre explication que cela. Elle avait voulu y aller seule, sans attendre d’être accompagnée. Elle s’était glissée dans la tanière du monstre et avait récupéré ce que Geholt lui avait demandé. Mais… En partant, un simple moment d’inattention l’avait faite trébucher, puis elle avait glissée tout près de Titan.

Il s’était lentement retourné en entendant le bruit de la chute, et l’avait fixé de ses yeux de braise remplis d’une haine indicible. Elle s’était éloigné aussi vite qu’elle l’avait pu, mais il avait poussé un énorme hurlement et avait cherché à l’attraper. Il ne l’avait qu’effleurée de ses ongles noirs charbon, mais cela avait suffi à déchirer son fin chemisier de Barde et a entaillé sa peau dorée

Elle avait hurlé, se faisant propulsée loin en avant par le souffle du coup. Elle avait roulé boulé, sentant le poison du Primordial s’infiltrer en elle, pendant que son sang jaillissait en gros bouillons.

Elle avait entendu le pas lourd, entendu le grondement de la Bête et avait su qu’elle allait mourir. Ses dernières pensées furent pour Teskyu, elle laissa ses larmes couler en pensant que jamais il ne saurait où elle était. Qu’il allait croire qu’elle l’avait abandonné. Elle murmura son nom et attendit le coup fatal.

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Puis tout s’accéléra. Elle entendit un cri suraigu, se sentit soulever de terre, et jeter sans ménagement sur une selle. Le hurlement de frustration de Titan lui vrilla les tympans, elle s’en éloignait, elle entendait le vent dans ses oreilles, ses mains rencontrèrent des plumes… Paco…. Son Chocobo. Il était venu à sa rescousse, il avait dû l’entendre hurler depuis l’entrée de la grotte et était venu la chercher.

Elle s’était évanouit à plusieurs reprises durant le trajet, mais à chaque fois qu’elle ouvrait les yeux, c’était pour voir le paysage défiler. Elle pensa confusément que Paco allait se tuer à courir aussi vite sur de telles distances. Mais elle n’avait pas la force de le retenir, elle n’était qu’une poupée de chiffon, au dos déchiqueté, les vêtements plein de sang, ballotée au gré du galop de sa monture.

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Gridania. Elle avait reconnu l’odeur de la ville. Les cris de Paco l’avaient réveillée, il l’avait ramenée dans sa ville, celle pour laquelle elle avait prêté allégeance. Les gardes n’avaient pas pu l’empêcher de passer, alors que les Chocobos, autres que ceux du relai, étaient interdits en ville. Elle avait appris plus tard, qu’il s’était précipité droit devant, bousculant des gardes, en étourdissant d’autres d’un puissant coup de bec caparaçonné, toujours hurlant.

Il ne s’était arrêté qu’une fois devant la guilde des Elementalistes. Quand il vit que Y’oreen était enfin entre de bonnes mains, il s’était écroulé, pratiquement à l’agonie. Les maîtres chocobos étaient venus le chercher pour le soigner, ébahis par la ténacité dont il avait fait preuve.

Comme dans un rêve, elle avait vu Teskyu arriver. Il avait parlé au Maître des Elementalistes Maroile. Elle avait confusément sentit sa peur, sa douleur de la perdre. Elle aurait voulu lui parler, mais son corps s’engourdissait sous l’effet du poison.

Ses plaies avaient pris une vilaine couleur noirâtre et craquelaient, laissant apparaître du sang qui devenait aussi orange que la lave coulant dans la Tanière du monstre.

Teskyu était revenu, il lui avait parlé sans qu’elle comprenne le sens de ses paroles. Quand il lui avait fait boire ce qu’elle apprit plus tard être un antidote, elle s’était laissé faire, lui faisant totalement confiance.

Elle s’était sentie mourir… Malgré les soins des Elementalistes, malgré le puissant antidote qui combattait le mal qui la rongeait, elle mourait.

Lentement, elle s’échappait de son corps, sans comprendre ce qui se passait, elle s’élevait dans les airs, loin de la douleur, de la détresse et de la peur. Elle avait vu Teskyu partir en serrant les poings et en retenant ses larmes, il était parti sans savoir qu’elle venait de mourir juste après son départ.

Les pierres de l’édifice n’avaient pas pu retenir son âme, elle avait continué à s’élever, filant vers les nuages, vers les étoiles.

Elle s’était confusément dit qu’elle allait tout simplement disparaître dans le Cristal Mère, qu’elle deviendrait un de ces grands aventuriers morts dont on raconte les histoires au coin du feu.

Mais au lieu du Cristal qu’elle connaissait, ce fut devant un immense portail qu’elle se retrouva. Il lui sembla être si grand, que toute Eorzea aurait pu y passer et il en sortait une somptueuse lumière dorée. Ce qui la stupéfia encore plus ce fut cette indéfinissable sensation d’amour et de bien-être qui irradiait de ce portail d’or. Elle aurait eu des yeux, elle aurait pleuré de joie, elle aurait eu un cœur, il aurait explosé d’amour.

Doucement, l’âme de Y’oreen se rapprocha du portail, prête à le passer, quand elle aperçut deux silhouette se tenant main dans la main qui se dirigeaient vers elle.

L’esprit de la gracile Miqo’te connue autrefois sous le nom de Y’nola, petite sœur adorée de Y’oreen, lui sourit et se tourna vers l’immense Hyurgoth dont les yeux avaient été d’un magnifique bleu acier il y a bien des siècles.

« Y’oreen, je te présente celui que l’on nommait Askahutt ».

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Loin en dessous, dans le monde des vivants, une demi-douzaine d’Elementalistes s’affairaient autour du corps sans vie de la jeune Barde. Maroile en tête, ils se mirent à psalmodier des chants de résurrection, les yeux fermés, et les tempes en sueur.

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Son aïeul Hyurgoth s’inclina gentiment devant Y’oreen. Un sourire fantomatique se dessina sur le visage de l’ancien jeune homme mort trop tôt.

Bien que complètement déboussolée, Y’oreen ne peut s’empêcher de le trouver très beau et de comprendre l’attrait que son aïeule lui avait trouvé. Elle repensa aussi à son amour pour Teskyu, et baissa la tête vers le monde d’en bas…..

« Oui Y’oreen, tu as raison, tu dois y retourner »

Surprise elle regarda Ashabann Hunter, surnommé Askahutt.

« Je… je ne comprends rien…. Où suis-je ? Qu’est-ce qu’on fait la ? Je suis morte c’est ça ?? Et je… c’est là que nous allons… après ? »

Y’nola laissa échapper un petit rire, ce fameux petit rire qui manquait si cruellement à Y’oreen, et Askahutt leva deux mains translucides.

«Tout te sera expliqué en temps et en heure jeune femme. Mais, ce n’est pas le moment. Tu dois retourner auprès de ceux que tu aimes, tu as encore beaucoup de choses à faire avant de venir nous rejoindre ».

La Miqo’te secoua la tête, abasourdie tandis que le jeune homme se glissait vers elle.

« Mais je dois t’avertir de quelque chose jeune Y’oreen Askahutt, je suis désolé de te dire cela, mais tu dois arrêter de courir après un clan qui n’existe pas. Du temps de mon vivant, je n’ai eu qu’un seul amour, celle qui m’a donné un fils, mon fils…. Un unique enfant que je n’ai pas eu le temps de connaitre. Je suis mort quelques jours après que nous nous soyons séparés. Elle ne l’a jamais su…. Je dois te le dire car tu n’as plus de temps à perdre avec ses idées. Y’nola t’as fait quitter ton camp pour que tu vives de grandes choses, et non pas pour que tu partes à la recherche d’une autre famille. »

Lentement, il lui caressa la joue en souriant gentiment.

«Tu dois retourner auprès des Songeurs…. Auprès de Teskyu. Vous avez tant de choses à vivre ! »

Y’oreen voulut lui répondre mais brusquement une troisième personne fit son apparition. Y’nola et Askahutt s’effacèrent respectueusement devant une femme au port altier, d’une grande beauté et tenant un large éventail scintillant.

La femme s’approcha d’elle en souriant, posa un doigt sur ses lèvres et la poussa légèrement. L’esprit de la jeune Barde s’éloigna des trois entités, lentement au début, de plus en plus rapidement ensuite, puis la vitesse devint affolante, tout vrillait, tout se mélangeait pour finir dans un grand flash de lumière aveuglante.

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Cela faisait plusieurs minutes que les Elementalistes se surpassaient pour faire revenir Y’oreen à la vie et la tension devenait palpable. Le temps jouait contre eux.

Brutalement Y’oreen se souleva en hoquetant puis aspira bruyamment une grande quantité d’air pour se mettre à tousser tout aussi violement.

Autour d’elle, des soupirs de soulagement se firent entendre.

Maroile la fit se recoucher doucement. Elle n’était pas encore complétement consciente, et elle devait encore se reposer.

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Gentiment elle accepta le thé bouillant que lui tendait un des élèves. Y’oreen se remettait doucement de ses blessures, et on lui avait promis qu’elle n’aurait aucune séquelle.

Elle avait discuté en tête à tête de ce qu’elle avait vécu durant sa mort avec Maroile. Il n’avait pas eu l’air surpris, comme s’il connaissait le portail. Il lui avait aussi donné le nom de la magnifique jeune femme qu'elle avait vu : La Déesse Azeyma. Selon lui, elle protégeait Y’oreen, et cette dernière se devait maintenant de l’honorer et, surtout, de croire en elle, chose que la jeune femme avait bien du mal à faire.

Contrairement à ce que Maroile lui préconisait, elle voulait juste oublier. Oublier Titan, oublier la douleur et surtout oublier qu’elle était morte durant quelques minutes.

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Elle avait cru y arriver. Elle était partie de Gridania confiante, son armure avait été réparée, elle avait rejoint Gehold.

Il l’avait regardée respectueusement en lui donnant l’Arc d’Artemis et son regard lui avait fait mal. Elle n’estimait pas le mériter.

Puis, elle était repartie à l’aventure et les choses commencèrent à se corser.

Elle s’était mise à l’affût, comme à son habitude, sa cible bien en vue, mais elle complètement invisible. Elle l’avait mise en joue, lentement, et totalement concentrée, quand soudain, le monde s’était mis à tourner.

Elle était de retour dans l’antre de Titan, elle sentait la chaleur de la lave coulant autour d’elle, elle entendait le pas lourd du Primordial, son grondement rauque….. Il arrivait sur elle, et elle ne pourrait pas lui échapper, elle allait avoir mal, si mal qu’elle hurlerait à s’en vriller les cordes vocales.

Y’oreen battit rapidement des yeux, l’arc avec une flèche encochée tremblait dans ses mains, elle frissonnait, incapable de se retenir. Sa cible s’était évanouie depuis longtemps dans la nature.

La Barde retenta à plusieurs reprises de se servir de son arc sans jamais y parvenir. Au bout de deux jours, elle s’écroula complétement hébétée. Elle devait se faire une raison. Elle n’était plus Barde, elle n’était plus Archère… Elle n’était plus rien.

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Un petit cri, comme une interrogation la fit sortir de ses pensées. L’eau coulait toujours sur ses épaules, fraîche et pure. Y’oreen s’ébroua et ouvrit les yeux. Paco la fixait de ses grands yeux inquiets, la tête penchée.

- Tout va bien mon grand, lui murmura-t-elle.

Lentement elle retourna dans la grotte, et regarda sa nouvelle armure. Elle prit la coule d’Arcaniste et la tint devant elle, en fronçant le nez.

Depuis qu’elle avait découvert son nouveau problème, elle était devenue irritable, agressive, s’en prenant pour un rien à ses amis sur la perle, s’éloignant d’eux, tellement honteuse qu’elle n’avait même pas osé en parler à Teskyu, préférant l’éviter plutôt que d’affronter son regard. Elle avait trop peur d’y voir de la pitié.

De plus, savoir qu’elle ne pourrait jamais retrouver d’autres Askahutt l’avait tout autant abattue. Elle avait tellement espérer trouver un nouveau Clan, une nouvelle famille où elle serait acceptée comme elle l’était, sans qu’on veuille absolument la changer.

Elle était retournée voir Maroile, en toute discrétion, elle l’avait suppliée de l’aider à savoir se soigner seule afin qu’elle n’ait plus peur de la douleur, de la mort…

Ils avaient longuement discuté, et Maroile lui avait expliqué ne pas pouvoir l’aider mais lui avait conseillé d’aller à la rencontre de la guilde des Arcanistes, que leur magie, intimement liée l’invocation d’entités protectrices lui serait plus bénéfique.

Elle y avait été, et depuis, elle s’entrainait en secret, loin des Songeurs et loin de celui qu’elle aimait le plus au monde.

Elle avait trouvé cette petite grotte et y vivait en recluse.

Lentement elle s’habilla et harnacha Paco, puis l’emmena dehors.

-Allez viens mon grand, on doit s’entrainer...
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La mémoire oubliée

Message par Y'oreen le Dim 2 Mar - 16:19

Tali ouvrit doucement les yeux, regarda autour d'elle. Son regard se posa sur la jeune Miqo'te et la petite fée postée à ses cotés

Ioshan et Y'oreen, ainsi étaient leur noms et si l'une avait tout oublié, l'autre conservait tous ces souvenirs en elle. La fée ouvrit de petits yeux qu'elle posa d'abord sur sa maîtresse puis tourna la tête vers la hyuroise aux cheveux de feu.

Un seul regard suffit, Tali acquiesça et se leva prudemment sans réveiller la jeune femme dormant à côté d'elle. Elle sortit un petit carnet et se posa à une table proche. Elle leva la tête un instant vers la fée, la voix du petit être se fit finalement entendre dans sa tête :

"Nous n’avons pas le choix, s’ils continuent à s’acharner… elle mourra…. "

La rouquine hocha doucement la tête, posa son regard un instant sur la jeune femme endormit puis revint à sa page blanche. Cela ferait mal, c'était certain, mais il fallait que tout le monde comprenne et arrête enfin de vouloir à tout prix rendre la mémoire à la jeune femme.

La fée commença son récit mental, avec ces tournures que seule elle maîtrisait et Tali notait, s'efforçant parfois de ne pas stopper le petit être et s'efforçant de garder une écriture neutre, ne laissant aucunement transparaître ce mal qu'elle ressentait.

L'ouvrage terminé, un petit mog approcha auprès d'elles, prit la lettre ainsi qu’une feuille minutieusement pliée et attendit qu'on lui dicte une destination. Tali prit la parole d'une voix fragile :

"Allez porter cela à toutes les personnes inscrites sur cette liste, il faut que tout le monde sache, faites ça rapidement s'il vous plait."

Elle congédia le mog d'un signe de main, ferma le carnet et revint se coucher à côté de la jeune Miqo'te, la réchauffant doucement jusqu'à son réveil.

C’est ainsi que tous les Songeurs reçurent cette étrange missive :


Je suis la Gardienne de la mémoire oubliée
Mais je suis aussi, Ioshan, sa petite fée
Et je me dois bien de vous prévenir
Que ce que je vais révéler risque de vous faire souffrir

Depuis Titan elle n’était plus elle-même
Lentement elle s’éloignait de ceux qu’elle aime
Elle avait de plus en plus de pensées amères
Elle devenait de plus en plus rage et colère
Et puis arriva ce jour maudit
Où elle bascula dans la folie….

Trahison, Trahison, Trahison !!
Ce mot résonnait jusqu’en dans ses tréfonds
Y’oreen, la petite miqo’te si maladroite et effacée,
En une véritable Furie soudain s’est transformée !

A Gaedon elle allait tout révéler dans un premier temps,
Puis, à l’autre Furie elle allait s’allier et « le » tuer dans un second temps
La traitresse et l’ancien homme de sa vie
Elle allait tous les tuer, et plus jamais elle ne serait meurtrie
Soudain elle pensa à tous ses soi-disant amis
Et décida qu’eux aussi seraient punis
Grâce à ce si dangereux Empire
Elle allait pouvoir tous les faire souffrir !!

Elle avait perdu toute sa raison,
Et tout ça, à cause d’une trahison….
Courir, courir, courir toujours droit devant
Mais la Montagne s’est écroulée, à ses dépens…

La Furie sentie sa tête se faire écrasée
Et la douleur la fit céder
Elle s’évanouit, les lèvres pales
Gardant en elle toutes ses pensées infernales

La Furie dans son crâne était emprisonnée
Et sa tête, sur les pierres, continuait à saigner
Elle persistait malgré tout à fulminer
Elle voulait toujours tous vous tuer

Puis soudain, une autre créature est apparue
Sous ce crane si méchamment fendu
Deux entités maintenant se faisaient face !!!
Une seule Miqo’te mais deux visages… face à face
La Furie regarda la petite Miqo’te si effacée
Qui, là, brutalement s’était réveillée

Un discours étrange et impressionnant
Eut lieu dans la tête de cet être vivant
« Pourquoi donc veut tu les tuer !!!
Il ne s’agissait que de deux amis même pas enlacés ! »

« Mais que dis-tu, sale petite têtue !!
Collés serrés moi je les ai vu !!!
Ne me dis pas que tu les crois juste amis !!
Ne vois-tu donc pas que nous avons été trahis !! »

Y’oreen silencieusement secoua la tête
Apeurée par son autre elle même devenue une Bête
Elle savait qu’elle devait les protéger
Ou cette Furie allait tous les tuer

Cette folie furieuse, tout détruire elle voulait
Mais la petite Y’oreen, jamais ne le permettrait
Elle prit donc une affreuse décision
Mais qu’elle savait dictée par la raison

Il fallait qu’elle brise un pan entier de son passé
Et ça, quoi que cela puisse lui en coûter
Lentement elle fit un tour sur elle-même
Entourée des visages de tous ceux qu’elle aime

Elle allait devoir tout détruire
Même si elle allait énormément souffrir
Elle se précipita sur sa mémoire
Elle entendit, derrière, le hurlement de la Bête Noire

Oooohhh si vous saviez comme elle a pleuré !!
Quand tous vos visages se sont effacés
Un par un tous ont disparus
Le dernier, fut celui de Teskyu

Elle pleurait et criait de désespoir
Tout en mettant en lambeaux sa mémoire
Elle voulait tout jeter dans le Néant
Mais c’est à ce moment-là que j’ai touché son sang….

Moi, Ioshan la petite Fée
Pour aider ma maîtresse je m’étais faufilée
Dans le noir, au milieu de ces gros rochers
J’avais rampée, juste…. Pour pouvoir la toucher
Mais au moment où mes mains ont effleurées son sang
Sa mémoire en moi s’est infiltrée au lieu de partir dans le Néant

En hurlant la Furie l’a suivie
Et en moi elle a atterrie
Elle a encore et toujours la même pensée
Que je la relâche afin qu’elle puisse tous vous tuer !!!

Je dois absolument et à tout jamais vous empêcher
De faire en sorte que Y’oreen récupère cette mémoire oubliée
Car si par malheur elle se rappelait un seul petit souvenir
La Furie reviendra et la vraie petite Miqo’te pourrait périr.

Lentement et patiemment elle doit avoir une nouvelle mémoire
Afin de se recréer une belle histoire
De vous tous elle n’a aucun souvenir
Mais à vous tous, elle est prête à sourire

Je suis la Gardienne de la mémoire oubliée
Mais je suis aussi, Ioshan, sa petite fée
J’aime ma petite Miqo’te si maladroite et effacée
Et à jamais la Furie je garderais enfermée….
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Re: [Privé] Y'oreen Askahutt

Message par Y'oreen le Dim 16 Mar - 12:29

Lentement elle ouvrit les yeux et le regarda. Il faisait nuit noire mais ses yeux de chat lui permettaient de voir plus que correctement, moins qu’une Lunaire, mais bien mieux que n’importe quelle autre race.

Elle sourit tendrement, se retenant une fois de plus de caresser son beau visage tatoué.

Son sourire se fit plus large "mon Mari, cet homme est mon …. Mari…." Si on lui avait dit qu’elle épouserait un colosse Hyurgoth au regard bleu gris, qui impressionnait quiconque le voyait, elle se serait moqué de ce « devin », mais voilà où elle en était maintenant : « chez eux » sous le pont de la Brumée, lovée contre cet homme qu’elle aimait plus que sa propre vie, son bras musclé la serrant contre lui, à le regarder dormir comme elle le faisait toutes les nuits qu’ils pouvaient passer ensemble.

Comme à chaque fois qu’il s’endormait contre elle, elle s’était réveillée et se préparait à effectuer son petit rituel nocturne : elle leva lentement une main, un halo doré l’entourant luisant doucement. Elle allait poser sa main sur le torse de « son » homme afin de le soigner de toutes les petites blessures qu’il aurait pu se faire, de décontracter ses muscles endoloris par des heures d’entrainements intensifs.

Mais cette fois, elle s’arrêta et observa sa main : le Pouvoir des Fées….. Son secret, qu’elle avait confié à très peu de personne et qu’elle avait pourtant dit à Kalten dès les premiers jours, se sentant tellement en confiance qu’elle lui avait même parler de….. son frère…..

Le Pouvoir des Fées….. Son esprit se mit à vagabonder, partant dans le passé, pour revenir à ce jour où elle avait perdu la mémoire…..

Si Ioshan avait récupéré sa mémoire, elle n’avait pas senti qu’elle-même donnait quelque chose à la petite Miqo’te : un petit morceau du pouvoir atavique des Fées. Un tout petit fragment doré s’était immiscé dans Y’oreen, et ça n’aurait eu aucune conséquence s’il ne s’était pas mis à grandir, devenant de plus en plus grand, de plus en plus puissant.

C’est lors d’une simple opération de soutien que Y’oreen et Ioshan s’était aperçues que quelque chose ne collait pas : La jeune femme avait lancé un sort qu’elle n’aurait pas dû, un de ceux réservé aux Fées, qui plus est, il avait été suffisamment puissant pour soigner toutes les personnes présentes sans qu’elle ait à se forcer.

Ioshan l’avait regardé, ses petits yeux bleus écarquillés d’étonnement mais avait réagi très vite.

« Ne dit rien, ne fait rien ! Ils croiront que c’est moi, et non pas toi ! »

Et en effet, les aventuriers présents étaient venus chaleureusement féliciter Ioshan. Y’oreen avait baissé la tête, ne comprenant pas ce qui s’était passé.

Ioshan l’avait entraînée à l’ écart et l’avait détaillée de la tête aux pieds.

La petite fée avait alors montré sa face cachée, le vrai visage des fées : celui d’entités âgées de plusieurs milliers d’années, loin des facéties habituelles de ces minuscules créatures gazouillantes et voletantes.

« Ainsi donc tu es une fée ? Quelle est donc cette magie, que je n’avais pas sentie ? Je suis sûre que c’est mon sang…. Lors de l’accident »

Ioshan avait froncé des sourcils alors que Y’oreen, elle, plissait du nez.

« Ioshan, je ne suis pas une fée ! Je suis une érudite ! Et encore !! Une érudite qui a perdu la plupart de ses compétences puisque je ne me rappelle pas de mon entraînement ».

« Non non tu ne comprends pas, tu n’es plus une érudite, loin de là….. A cause de moi….. et j’en reste coi…. Tu es devenue une fée, et je vais devoir tout t’expliquer…… ».

Ioshan avait alors commencé à parler, lentement, calmement, elle avait expliqué à Y’oreen qui était vraiment les fées : des êtres douées d’une puissance incommensurable mais qu’elles cachaient aux habitants d’Eozea, les « Terrestres » comme elles les appelaient car, toujours pour ces créatures sans âge, ils n’étaient que des enfants….. Leur monde venait de naître et elles n’avaient pas confiance en eux.

Il fût un temps, antédiluvien, où les fées étaient des combattantes redoutables ainsi que des soigneuses hors pair.

Leur pouvoir, connu par les « Terrestres » comme n’étant que curatif, pouvait s’avérer extrêmement dévastateur.

Lors d’une guerre pendant laquelle les Fées s’allièrent à d’autres créatures, elles durent faire un choix : soit devenir les plus puissantes guerrières de tous les temps, soit….. Devenir les plus exceptionnelles guérisseuses qu’il serait vu sur un champ de bataille.

Elles choisirent de dévouer leurs vies au service de leurs alliés……

Ioshan baissant la voix, regardant fixement Y’oreen : Ce choix avait un prix, il était irrémédiable sous peine de mort.

En effet, si l’une des fées cherchait à se servir du pouvoir destructeur, elle en mourrait.

La voix si douce de la petite créature se brisa quand elle apprit la suite à la jeune femme : la moitié de ses sœurs, moururent de ne pas pouvoir se contrôler.

« Il faut donc bien que tu comprennes ma sœur….qu’afin d’éviter que tu meurs, tu devras savoir contrôler, le pouvoir interdit des fées…. ».

Y’oreen secoua la tête, sa main entourée d’un halo doré toujours au-dessus du torse de Kalten. Jusque-là, avec l’aide des toutes ses sœurs, elle avait réussi à ne pas utiliser le pouvoir tabou…. Mais tout avait changé…..

Elle grimaça, et posa délicatement sa main sur le corps de son amant…… la lueur dorée se propagea sur lui puis l’imprégna lentement, le soignant doucement, sans que Kalten ne le sente.

Elle laissa encore un peu sa main sur lui, le caressant comme elle aimait le faire, le regard perdu à nouveau dans ses pensées.

Le pouvoir si dévastateur des fées avait explosé en elle lors d’un entrainement bien trop violent qu’elle et Kal avaient eu. Elle avait même faillit le tuer…. Depuis ce jour, elle n’arrivait plus à se contrôler, et elle avait peur.

Son nez saignait, des créatures faites de sable, de roches ou de feuillages apparaissaient sans qu’elle puisse les contrôler, elle s’épuisait à tenter de tout remettre en ordre, et si, jusqu’à présent, l’angoisse de mourir ne l’avait jamais étreinte, maintenant il y avait lui…. Lui….. L’homme de sa vie, celui pour qui elle voulait vivre….

Elle le regarda tendrement, et enleva sa main. Elle allait faire en sorte de se battre contre ce pouvoir incontrôlable, pour lui, pour eux…. Elle demanderait l’aide de ses sœurs, elle gagnerait….. et elle pourrait passer le reste de sa vie à ses côtés.

Elle sourit, caressa le plus délicatement possible les tatouages de son mari, puis se lova contre lui.

Elle y arriverait…. Par amour pour lui…..
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Re: [Privé] Y'oreen Askahutt

Message par Kalten le Lun 17 Mar - 11:36

C’était une belle journée. Le soleil diffusait sa chaleur et sa lumière, tamisées par l’épaisse toison de la Forêt du Sud. Pour une fois, ils étaient de repos. Ils avaient laissé leurs armures et leurs armes à l’auberge, ayant décidé de souffler un peu. Kalten était assis le long d’un arbre, affutant tranquillement sa lance, en éprouvant de temps en temps le tranchant. Y’oreen, quant à elle, avait préféré le jardinage. Elle avait donc troqué ses armures de mages pour une tenue plus adaptée à la récolte. Par moments, Kalten s’arrêtait, remplissait un verre d’un jus de fruits venant directement de Costa del Sol et l’apportait à la Miqo’te. Celle-ci le regardait arriver, lui faisait un grand sourire et buvait d’une traite le verre. Pour le remercier, elle n’hésitait pas à l’embrasser en lui lançant en prime un regard dont elle seule avait le secret avant de reprendre sa tâche. Kalten retournait alors lui aussi à sa lance. Une journée tranquille, comme rarement ils pouvaient se le permettre.

En regardant sa femme bêcher, l’entendant fredonner une chanson, Kalten se rappela leurs premières rencontres avec un sourire. Rien ne pouvait présager que ces deux là se rapprocheraient autant. Bien au contraire.

Peepo lui avait demandé d’aider une jeune Miqo’te à reprendre confiance en elle, à ne plus avoir peur de se mélanger aux autres. Kalten avait accepté en haussant les épaules, précisant au Lalafell que ses méthodes n’étaient pas des plus plaisantes. Lui-même d’ailleurs se trouvait dans une situation difficile. Il était aigri, se montrant antipathique avec les personnes qu’il croisait. Alors, il se disait qu’il allait « s’amuser » avec cette Miqo’te.

Leur première prise de contact s’était passée sur une terrasse de Limsa. Y’oreen avait réussi à se motiver et chantait pour les personnes présentes, en l’occurrence ses compagnons des Songes. Rien de plus normal pour elle de chanter, étant Barde. Kalten s’était assis à proximité, avait évalué les forces en présence et souriait. Oui, il allait bien s’amuser. Se créant un masque de suffisance, il demanda à la Miqo’te d’arrêter de « massacrer cette chanson pour sauver ses oreilles». Celle-ci s’était tue, choquée. Automatiquement, Kalten se retrouva encadré par les Songes, la tension augmentant. Le hyurgoth avait apprécié ce moment de défi. Il ne s’était pas excusé, au contraire même. Il voyait bien que certains hésitaient à sortir leurs armes, étant dans Limsa. Lui s’en amusait. Finalement, il partit non sans avoir demandé à la Miqo’te de changer de métier, ultime affront lancé à la figure de toute l’assemblée présente mais particulièrement en direction de la jeune femme.

En y repensant, Kalten se dit que véritablement, il aurait mérité au minimum d’être jeté à l’eau.

Leur deuxième rencontre fut pire, dans un sens. Il avait retrouvé Y’oreen dans une clairière, en train de jardiner et de couper des branches. Il l’avait regardé faire pendant quelques instants, se demandant comment il allait s’y prendre pour la rabaisser. Une idée lui étant apparue, il s’approcha d’elle et l’interpella. Elle le reconnut et fut automatiquement sur la défensive. Après quelques échanges verbaux peu aimables, il lui demanda de lui donner ses outils de travail, prétextant qu’il devait les vérifier. Il les vérifia, quelques secondes, puis les détruisit, observant la Miqo’te. Celle-ci fut bien sûr choquée et s’effondra, en pleurs, lui hurlant son dégoût. Ce qui ne l’atteignit pas lui. Au contraire, il continua à la mettre plus bas que terre. Elle ne s’enfuit pas et décida de l’affronter verbalement, voire physiquement s’il le fallait. Kalten avait apprécié cette réaction. Bien plus tard, quand il avait enfin retrouvé sa moralité, il s’était rendu compte que lui aussi avait commencé à changer ce jour là. Le soir même de cette seconde rencontre, il lui avait envoyé de nouveaux outils.

Kalten s’adossa contre l’arbre, regardant sa femme avec amour et tendresse. Il l’avait rendu plus forte, plus sûre d’elle. Et elle, sans qu’il ne s’en rende compte, avait compris et dompté sa colère et sa rancœur. Et elle s’était jurée de le changer, de le faire redevenir ce qu’il était avant. Elle avait réussi. Avec un sourire, il se dit que Peepo avait sans doute pensé à tout ça. Les Lalafells, tout comme les Tarutarus, étaient bien plus complexes que les simples enfants qu’ils paraissaient être.

Voyant Y’oreen s’éponger le front, il prit un nouveau verre de jus de fruits et s’élança vers elle.

« Attends ma belle, j’arrive » Kalten souriait, heureux.

Kalten

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