Le fils du Crépuscule

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Le fils du Crépuscule

Message par Crushing Mountain le Lun 24 Aoû - 17:07

1. Naissance

Au nord d'Othard, dans les plaines au pied des montagnes, il y a 25 ans...
 L'atmosphère était lourde dans la yourte. A l'intérieur, une odeur d'encens, piquant presque les yeux. Les femmes s'affairaient autour d'une autre, en train de hurler et de jurer, allongée sur le dos. Elle était en sueur, et n'avait jamais connu telle douleur. Mais elle était une guerrière du clan Borlaaq, et bientôt, elle mettrait au monde sa fille. Alors que l'enfant à la peau d'albâtre sortait enfin, pleurant, une femme la récupéra, la protégeant de plusieurs couvertures, et la confia à sa mère.
-"Soit fière, Suuderjad, c'est une femelle."
Mais ce n'était pas terminé. La douleur persistait, quelque chose d'autre poussait en elle, voulait sortir. Elle allait donner naissance à un second enfant. Sa fille fut récupérée par une autre, alors qu'elle poussait. Lorsque le second enfant sortit, lui aussi à la peau d'albâtre, la femme l'ayant récupéré n'alla pas le confier à sa mère. Elle le regarda, presque ennuyée, regardant la jeune guerrière, puis prononça d'une voix grave.
-"C'est un mâle."
Un lourd silence tomba, interrompu par les pleurs des deux nouveaux-nés. Suuderjad désigna sa fille du doigt, affaiblie, demandant à ce qu'on lui amène. Elle la serra contre elle, les yeux pleins d'amour et d'affection.
-"Ton nom sera Saraana."
Alors qu'elle reposait sa tête contre la sienne, son frère fut emmené en dehors de la yourte, ses pleurs se calmant, ses yeux observant le monde qui l'entoure.
 C'est ainsi que débuta la vie de Ganzorig du clan Iriq : sans nom, et sans amour.
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Message par Crushing Mountain le Mar 25 Aoû - 14:56

2. Un nom

Le nouveau-né fut confié à une vieille femme faisant office de nourrice. Dans la yourte, pas d'autres enfant que lui. Elle lui fit boire du lait de yack pour le nourrir, avant de le coucher. C'est ainsi que se déroulèrent plusieurs mois, surveillé et élevé par une femme qui n'était pas sa mère, isolé des autres enfants.
Un an s'écoula, et il fut jugé suffisamment vieux par sa nourrice. Il savait marcher, et il était capable de manger de la viande. Elle l'habilla chaudement, puis sorti du campement, escortée par deux guerrières, l'enfant dans les bras. Elle marcha pendant longtemps, s'enfonçant dans une forêt, observant le ciel, se disant que l'enfant était chanceux que l'hiver soit passé. Elle le déposa contre un arbre, puis fit demi-tour, sans lui adresser un regard, comme si ce n'était pas la première fois qu'elle le faisait. L'enfant lui, l'observa s'en aller, sans pleurer, de ses grands yeux rougeoyant. Elle fut bientôt hors de vue, et le seul son qu'il entendait était celui du vent dans les feuilles. Il se redressa sur ses petites jambes, prenant le temps de retrouver son équilibre, et commença à marcher droit devant lui.
Il ne connaissait pas la peur, mais il ne comprenait pas non plus ce qu'il se passait. Il regardait autour de lui, touchant les arbres, les feuilles au sol, les plantes. Puis il commença à avoir faim, alors il tenta de manger de la terre, qu'il recracha d'un air dégoûté. Dans le trou qu'il avait fait, il vit une curieuse créature, se contorsionnant dans la terre. Il l'attrapa et le mis dans sa bouche, commençant à le mâcher. Il grimaça, mais avala. Puis repris sa marche.

La nuit commençait à tomber, et le petit fatiguait. S'asseyant au sol, il commença à entendre des grognements se rapprocher, et, sortant de l'obscurité, un loup s'avança, babine retroussée. L'enfant fixa le loup dans les yeux, sans peur, ne bougeant pas, alors que celui-ci se rapprochait dangereusement. Puis il bondit, mâchoire ouverte, vers l'enfant qui ne le quittait pas des yeux, inconscient du danger. Le grognement se transforma en jappement de douleur alors qu'un flash lumineux frappa la bête qui s'écroula, dans un tonnerre assourdissant. L'enfant releva la tête, surpris par le bruit et la lumière, et vit une forme sauter d'une branche. Il n'avait jamais rien vu de tel : c'était grand, très grand, couvert de noir de la tête au pied, mis à part ses yeux complètement blanc, brillant. La silhouette se pencha vers lui, le regardant dans les yeux.
-"Tu as de la chance que je chassais par ici, petit. Comment se fait-il que le clan ne t'ai pas encore récupéré?"
L'enfant lui répondit en faisant des bulles de salive avec la bouche, et l'homme se mit à rire.
-"Bien, bien, j'ai compris. Je ne sais pas qui devait surveiller les Borlaaq, mais il va être puni. En tout cas, tu es un petit gars courageux toi. Ne t'en fais pas, tout ira mieux maintenant."
L'homme le prit dans ses bras, protecteur, lui caressant les cheveux.
-"C'est rare de ne pas en retrouver un en larmes...aussi rare que l'acier par ici. Qu'est-ce que tu penses de Courage d'Acier? Ca te va bien...C'est décidé, à partir d'aujourd'hui, ton nom sera Ganzorig. Bienvenue chez nous, Ganzorig."
Le Xaela s'enfonça dans l'obscurité, l'enfant s'endormant dans ses bras. C'est ainsi que Ganzorig entra dans le clan Iriq.
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Re: Le fils du Crépuscule

Message par Crushing Mountain le Jeu 17 Sep - 13:46

3. Un clan

Cinq années passèrent. Au cours de ces années, Ganzorig, du clan Iriq, fut élevé par Shonkhor Iriq, son sauveur. Il fut pour lui l'équivalent d'un père, même si il n'en prendra jamais conscience. Shonkhor était strict, mais bienveillant. Lorsque le temps fut venu, le vieux Xaela commença à l'entraîner à ses arts, des techniques de combat qu'il gardait secrètes, même aux yeux du clan. Il commença à lui enseigner le Ninjustsu. Lors de chaque sessions d'entraînement, Shonkhor expliquait bien à Ganzorig de ne jamais en parler aux autres si on lui posait des questions.
Et ils s'en posaient, des questions, les autres membres du village. Car Ganzorig n'était jamais vu en compagnie d'autres de son âge, et très rarement en dehors de sa yourte. Presque insultant pour un garçon vivant depuis près de 10 ans maintenant parmis eux. Alors les anciens entrèrent un soir, et arrachèrent Ganzorig à sa yourte après avoir ravalés leur salive devant ce qu'il y avait sous leurs yeux : Shonkhor était assit, et ne bougeait pas. Cela devait faire quelques jours qu'il était mort, mais Ganzorig était toujours à côté, lui parlant comme si de rien n'était. Lorsqu'on l'enleva à son "père", il ne protesta pas, se laissant entraîner par les mains qui le tiraient.

C'est là qu'il rejoint d'autres garçons de plus ou moins son âge, et se confronta aux autres pour la première fois. Et rien ne l'y avait préparé. Son tuteur l'avait élevé loin des autres, loin de toute la compétition et brutalité inhérente au clan. Il n'avait développé aucune compétence sociale, et parlait à peine. C'est là qu'on leur apprenait leur histoire : ils étaient tous des fils de Borlaaq, abandonnés, et devaient se battre, afin d'un jour y retourner pour devenir des pères. C'était là leur but. Leurs journées étaient faites d'entraînement brutaux, où il n'était pas rare que l'un des enfants saigne. Ceux qui pleuraient étaient moqués aussi bien par les autres enfants que par les adultes s'occupant d'eux. Montrer de la faiblesse était passible d'une correction. Il fallait les endurcir, en faire des guerriers sans pitié, des chasseurs robustes. Leur martelant dans la tête qu'une insulte à l'honneur devait être lavée dans le sang. Et c'est ce qu'il se passa, un jour.

Un autre enfant commença à rire en voyant Ganzorig et son visage couvert de boue après qu'il soit revenu d'une chasse en forêt, des lapins pendant à la ceinture. Le garçon lui demanda, conscient de ce qu'il faisait, si il avait été creusé pour trouver des vers de terre. Cela peut sembler anodin, mais pour eux, c'était une insulte à leur talent de chasseur. Ganzorig décrocha les lapins, les laissant tomber au sol, les yeux rougeoyant, et se jeta sur son adversaire, qui fit de même. Ils échangèrent de violent coups de poing, mais Ganzorig frappait plus fort, plus vite, jusqu'à ce que des dents s'envolent dans une gerbe de sang, son adversaire tombant au sol, sonné. Et il ne s'arrêta pas là, se mettant sur lui et le frappant de ses poings, martelant le visage de son adversaire. Des adultes arrivèrent bien vite, voyant la situation, le plus ancien s'avança, demandant ce qu'il se passait pour qu'un frère en frappe un autre.

-"Il a insulté mes talents de chasseurs. L'honneur se lave dans le sang." Dit le jeune Ganzorig, arrêtant ses poings, pressant son coude sur la gorge de son adversaire.
-"Bien. Continue." Furent les seules paroles du vieil Iriq, mais elles étaient sèche, et sévère, presque comme un ordre. Ganzorig continua de frapper, encore, et encore, sa victime secouée de tremblement, respirant difficilement, jusqu'à s'arrêter. Lorsqu'il ne bougea plus, Ganzorig se redressa, les mains pleines de sang, et récupéra ses lapins, retournant à sa yourte, sous le regard satisfait des adultes, et effrayé des autres jeunes.
C'est ainsi que Ganzorig commença à se faire un nom parmi les siens : dans le sang et la mort, tuant un humain pour la première fois, sans remord.
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Re: Le fils du Crépuscule

Message par Crushing Mountain le Lun 14 Mar - 23:29

4. Une famille

 Je peux l'entendre. Son appréhension, sa peur...ses battements de coeur la trahissent. Je me redresse, me retirant de son étreinte, sa main cherchant mon contact lorsqu'elle ne sent plus ma présence. Je caresse son visage, et me dirige vers la fenêtre, l'ouvrant, et m'essayant sur le rebord, observant le ciel, les étoiles dissimulées par les nuages, seule la lumière de la lune filtre. Je ferme les yeux, et la même image me revient en tête, celle qui me poursuit depuis quelque jours. Aranael et moi, ainsi que deux enfants à la peau brune et aux yeux rougeoyant. Une image du futur, à laquelle je me raccroche pour devenir meilleur, ne pas partir.
 
 Mère du Crépuscule...pour la première fois depuis le début de ma vie, j'ai peur. La mission de demain me fait peur. Ce n'est pas de mourir dont j'ai peur, mais de ne pas être capable de protéger ma famille...par égoïsme. Cette image, elle compte tellement pour moi...Aranael...bénis soient ceux qui t'ont mis sur mon chemin, tu me donnes vie. Je la regarde dormir d'un sommeil troublé. Toi aussi, ma guerrière ? N'aie crainte, tu es forte, et je le suis bien plus. Rien ne nous séparera. Je te suis lié. Je peux l'entendre. Mon appréhension, ma peur...mes battements de coeur me trahissent.
 
 "Je t'aime tout autant. Reste concentrée." C'est ma réponse. Le bruit des aéronefs couvre vite celui du vent. Mon corps entier est tendu, mes sens en alerte, alors que nous posons les pieds au sol. La tâche a encore grandie...j'ai un mauvais pressentiments. Depuis le début. Ce sont des forces qui me dépasse, mais rien ne saura rester sur mon chemin. J'ai une mission.
 
 Le sol se fissure sous nos pieds, les ennemis sont rapides et puissant, je le sens à chacune de leurs frappes et je peine à esquiver. Shalna est en train de combattre de son côté, et nous ne pouvons l'aider, nous sommes tous occupés à protéger ses arrières de ces...pantins ? Que sont-ils ? Ils finissent par se retirer, alors que l'île commence à tomber en morceau. J'ai déjà ouvert plusieurs de mes chakras, et le contrecoup va être brutal lorsque nous rentrerons. Une comète ? Non, Hyrelia ! J'ouvre un nouveau chakra, sautant de roches en roches afin de la rattraper avant qu'elle ne tombe dans le vide, m'éloignant du combat. Pas de problèmes, ils y sont tous, Ishmael, Gaedon, Aranael, Shalna et Mika. Ils sauront faire face, ils sont fort. Chute dans le vide alors que je porte Hyrelia, le sol se dérobant sous mes pieds, il ne reste de l'île qu'un petit morceau, mais une lumière nous porte. Rassurante, familière. Valfor ? Je suis déposé au sol, non loin des autres, avec Hyrelia, toujours inconsciente.
 
 Depuis mon départ, ils sont en lutte avec un colosse d'or. Et il ne bouge pas, repoussant tout les assauts. Le temps semble comme se figer pour moi, alors que je constate ce qu'il se passe : Ishmael et Gaedon s'acharne sur lui, sans succès. Mika est terrorisée. Et ma guerrière ? Elle est figée. Elle ne bouge plus. Elle a perdu espoir ? "BATTEZ VOUS ! FAITES QUELQUE CHOSE !" hurle Ishmael. Je me hais. J'ai hésité. Je dois protéger ma famille. Je dois la protéger Elle. Aranael...Aranael...Mes yeux se ferment, ma mâchoire se crispe, petit à petit, je sens une énergie nouvelle m'envahir. Mon aura éclate, tout comme l'image de ces enfants, de cette vie, en des milliers de morceaux, comme du verre.
 
 Je suis un dieu. Pour l'espace d'un instant, je suis un dieu, brûlant sa vie, la concentrant dans son poing. En un claquement de tonnerre, ce poing est dans le visage du colosse, le faisant reculer, explosant une partie de son casque. Tout devient sourd, s'assombrit. Mon corps ne répond plus...alors c'est ça ? Ai-je réussi ? Aranael...ma conscience s'échappe, et c'est ton image qui me reste. Aranael...ARANAEL ! JE NE VEUX PAS...NON ! JE VEUX RESTER AVEC TOI ! JE VEUX...Aranael...à jamais...
 
 C'est ainsi que Ganzorig termina sa vie : brûlant telle une étoile sa vie, sacrifiant sa famille afin de la sauver.
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